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Depuis notre visite au Parlement Européen l'été dernier, de nouvelles informations voire preuves indiquent que les effets des sonars actifs de haute intensité (y compris les LFAS) sur la vie marine sont plus importants que rapporté précédemment.
Mise à jour du sonar actif à haute intensité (2003)
La marine des États-Unis et d'autres marines projettent de mettre en service dans 75% des océans du monde des sonars d'une haute intensité qui peuvent être mortels, y compris le LFAS. Ce système n'a jamais été testé officiellement à des niveaux d'exposition au-delà de niveaux de 155 dB, ce qui est environ le millionième de l'intensité du niveau de la source proposée au final. De récentes révélations indiquent que les risques de dégâts causés par le LFAS sont bien plus étendus et beaucoup plus sérieux que ce qu'on supposait jusqu'à ce jour. Les preuves corroborant les impacts nocifs sur les mammifères marins (y compris le nombre croissant d'échouages massifs) exposés à des niveaux bien en dessous du seuil critique supposé des 180 dB et les risques sérieux que le LFAS fait encourir aux poissons et aux plongeurs n'ont été révélés que seulement au cours de l'année écoulée. Selon l'US Navy, à partir de 120 dB, les signaux sonores provenant du LFAS peuvent déjà provoquer un comportement d'évitement des baleines jusqu'à 1.111 km du vaisseau émetteur et cela dans toutes les directions.
Mammifères marins
Des rapports d'autopsie montrent que les blessures causées par ces sonars ont provoqué des échouages de baleines et leur mort, notamment aux Bahamas (en 2000) et aux Îles Canaries (en 2002). En pratique, les sonars semblent avoir fait des ravages dans le cheptel de baleines à bec dans son ensemble. Plus récemment, on a découvert d'autres incidents d'échouages de baleines ou des décès qui coïncident avec des exercices navals comme par exemple : Vieques, en 1998 et 2002 ; Madeira, en 2000 ; les Îles Vierges d'Amérique, en 1999 ; la Grèce en 1996 ; les Îles Canaries en 1985, 1986, 1988, 1989 et la Côte Nord-Ouest des États-Unis en 2003. Alors que l'effet sur les mammifères marins est plus important que pensé précédemment, l'étendue du problème n'était pas connue puisqu'à la fois les sonars à basse et moyenne fréquence et les canons pour la recherche sismique ont été impliqués. De plus, tous les animaux sérieusement blessés ne s'échouent pas : certains meurent en mer, coulent et ne sont habituellement jamais découverts.
Poissons
Les impacts négatifs du LFAS s'étendent au-delà des mammifères marins. Des études non incluses dans celle de la Navy sur l'impact du LFAS sur l'environnement indiquent que des sons de basse fréquence, incluant le sonar à basse fréquence, peuvent blesser et tuer une large variété de poissons à des intensités bien en dessous du niveau des 180 dB admis par la Navy comme étant le seuil de nocivité potentielle. Une étude mise sur pied pour la British Defense Research Agency mentionne que des poissons exposés à des sons de mêmes fréquence et durée que le signal du LFAS à des niveaux supérieurs à 160 dB souffrent de blessures internes, d'hémorragies oculaires, de dommages auditifs et " de mortalité ". Par exemple, 57 % de truites brunes sont mortes après une exposition à des niveaux inférieurs à 170 dB. Une étude de l'Institute of Marine Research (Norvège) montre que le tonnage de haddock et de cabillaud a chuté de 45-70% sur un espace de 2000 miles carrés, là où des canons à air à basse fréquence ont été utilisés. La quantité de prises n'a pas augmenté après 5 jours de surveillance successifs à l'arrêt des tirs desdits canons. Une étude de McCawley indique que les dommages causés aux oreilles des poissons peuvent commencer dès 160 dB avec des expositions plus courtes que le signal LFAS. En conclusion, le LFAS est une menace sérieuse pour le stock de poissons déjà réduit à travers les océans du monde.
Plongeurs
Les impacts des sonars actifs sur les plongeurs sont aussi plus sévères que présenté précédemment. La possibilité de comportements de panique des plongeurs amateurs non prévenus qui sont exposés au LFAS a été reconnue par les médecins de la Navy comme un sérieux problème. Les tests LFAS de la Navy sur leur propre personnel averti indiquent qu'on pouvait s'attendre à un comportement potentiellement négatif lors d'expositions bien en dessous de 145 dB. L'exposition au LFAS peut faire courir des risques aux plongeurs amateurs qui se trouvent à des centaines de miles de la source du LFAS.
L'efficacité du LFAS est mise en question
Finalement, l'efficacité du LFAS dans l'accomplissement de sa mission principale de détection de sous-marins silencieux dans des eaux peu profondes et limitées n'a pas été démontrée et est mise en question dans un rapport du GAO (US Congressional General Accounting Office). Les recherches du Département de la Défense américain concordent avec les découvertes du GAO. Enfin, des experts font remarquer qu'existent déjà des systèmes efficaces et sûrs pour la détection en eaux profondes et ouvertes et contestent dès lors l'utilisation du LFAS dans lesdites conditions.
Conclusion
Une Cour fédérale américaine a reconnu en août 2003 les dangers du sonar LFAS et a publié un arrêt concernant l'utilisation de ce sonar en temps de paix. Cet arrêt a été conçu pour réduire le risque couru par les mammifères marins et les espèces en danger en proscrivant l'emploi du sonar dans les espaces qui sont particulièrement riches en vie marine. Ce qui est sûr, c'est que l'utilisation de la technologie du sonar actif se développe rapidement. Les systèmes à basse fréquence sont en train de se développer sur les navires américains et australiens et ceux de certains États membres de l'Union Européenne comme la France, l'Allemagne, la Grande Bretagne et les Pays-Bas. Un nombre d'autres systèmes, y compris les systèmes de moyenne fréquence qui ont été impliqués dans plusieurs échouages de masse, a été déployé, testé ou reconditionné pour l'utilisation en eaux côtières qui constituent un habitat critique pour les mammifères marins et pour d'autres formes de vie océaniques. Nous sommes sérieusement concernés par les impacts nocifs environnementaux cumulés que tous ces systèmes, opérant indépendamment, pourraient irrémédiablement engendrer.
Références :
Engas, A., Lokkeborg, S., Ona E. and Soldai, A.V. 1993. Effects of seismics shooting on local abundance and catch rates.
McCauley, R.D., J. Fewtrell, A.J. Duncan, C. Jenner, M-N. Jenner, J.D. Penrose, R.I.T. Prince, A. Adhitya, J. Murdoch, K. McCabe 2000. Marine seismic surveys : analysis and propagation of air-gun signais : and effects of air-gun exposure on humpback whales, sea turtles, fishes and squid. Report prepared fo' Australian Petroleum production Exploration Association by Curtin University of Technology (R99-15).
Turnpenny, A.W.H., Thatcher, K.P. and Nedwell, J.R. 1994. The effects on fish and other marine animals of high-level underwater sound. Report prepared for UK Defence Research Agency. (FRRI 27/94).
Préparé par : Marsha L. Green PhD - Ocean Mammal Institute. www.oceaninammaiinst.org, mlgreen|j}pacifier.com.
(3) Ed Lueber, ASMS/ECSO
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