C'est du 16 au 20 juin dernier que la Commission Baleinière Internationale (C.B.I.) s'est réunie à Saint-Kitts et Nevis, dans les Caraïbes. Ainsi que nous allons le voir, les 66 pays membres se sont répartis de manière quasi égale entre pro et anti-chasse. Cette montée en nombre des partisans de la chasse doit être considérée comme un signal d'alarme de première importance pour les protecteurs des mammifères marins après 20 ans de moratoire.
Le Japon avait, comme c'est l'habitude chez lui, préparé la réunion en achetant notamment les votes des petits pays insulaires du Pacifique Sud [2] au travers d'une aide substantielle conditionnée à des gestes favorables à la reprise de la chasse.
De leur côté, l'Australie et la Nouvelle-Zélande avaient mené campagne auprès des mêmes pays pour qu'ils votent en faveur d'un maintien du moratoire. Une action nécessaire, certes, mais bien faible face à la puissance financière du pays du soleil levant.
D'entrée, le Japon a perdu une première bataille : tant sa proposition d'une discussion sur la « chasse scientifique [3] » que celle de décisions votées à bulletins secrets ont été repoussée, chaque fois à une courte majorité.
Le second jour, c'est à une voix près que la proposition japonaise d'autoriser plusieurs communautés côtières à mener des chasses commerciales au petit rorqual a été repoussée. La menace d'une reprise de la chasse baleinière commerciale est palpable ...
C'est le dimanche 19 que la catastrophe pressentie arrive, par 33 voix contre 32 et une abstention, les pays pro-chasse font adopter une résolution selon laquelle le moratoire temporaire sur la chasse à la baleine n'est plus nécessaire dorénavant . Certes, la suppression concrète du moratoire exige un vote à une majorité des ¾, mais la menace d'une reprise de la chasse commerciale intensive est réelle, proche ...plus proche que jamais.
Comment le Japon a-t-il réussi à obtenir cette première victoire ? Avec des arguments financiers, nous l'avons déjà dit, mais également grâce à une démagogie éclatante : si la chasse doit reprendre, c'est en raison des dommages faits par les baleines aux populations de poissons d'une part, mais également parce que la protection des mammifères marins aurait un relent de colonialisme, les pays riches empêchant ainsi les plus pauvres d'avoir accès à certaines ressources halieutiques. Et ces arguments tendancieux ont porté !
Le dernier jour verra une dernière tentative du Japon de priver Greenpeace de son statut d'observateur [4] échouer grâce à une intervention américaine. La C.B.I. se borne à « ne pas excuser » les actions en mer qui mettent la vie humaine en danger.
En conclusion, il est plus qu'urgent d'agir, la menace est vraiment aux portes de l'océan .
[1] Sources : TV5, Radio-Canada et Cyberpresse .
[2] Mais aussi d'Afrique de l'Ouest.
[3] Et on sait ce que cela signifie dans l'esprit nippon.
[4] Suite à l'incident repris en page 8 du LGS précédent.
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