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L'Islande s'ouvre au négoce [2]
Après une bonne quinzaine d'années d'arrêt du commerce de la viande de baleine, l'Islande reprend ce négoce le 6 septembre en autorisant l'exportation de 2, 5 tonnes de viande vers les Îles Féroé. En lien direct évident avec ce qui précède, des permis de chasse pour 30 petits rorquals et 9 rorquals communs - ces derniers étant pourtant classés par l'UICN parmi les espèces en péril - ont été remis aux navires baleiniers pour une saison se terminant le 31 août 2007. A ce quota s'ajoutent 69 petits rorquals chassés à des fins dites scientifiques ...
Si la reprise de la chasse est purement commerciale est due au lobbying du seul propriétaire des 4 bateaux de chasse, elle n'en reste pas moins interpellante quant à sa raison d'être. En effet, la vielle usine de transformation de la viande de baleine, inactive depuis 20 ans, est hors service et la découpe doit se faire en plein air avant surgélation dans une usine de transformation du poisson. La population islandaise n'a aucune tradition de consommation du rorqual commun et le seul acheteur potentiel est le Japon ... dont les congélateurs regorgent déjà de viande et dont l'ambassadeur a déclaré que son pays n'était pas intéressé par cette marchandise. !
Réactions positives :
- Vingt-cinq états ont engagé, le 1er novembre, une démarche conjointe auprès des deux ministères islandais des Affaires étrangères et des Pêches afin de manifester leur opposition à la reprise de la chasse commerciale des baleines et de demander aux autorités islandaises de reconsidérer leur politique dans ce domaine.
Les Etats associés dans cette démarche sont l'Afrique du Sud, l'Allemagne, l'Argentine, l'Australie, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Chili, l'Espagne, les Etats-Unis, la Finlande, la France, l'Irlande, Israël, l'Italie, le Luxembourg, le Mexique, Monaco, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, le Portugal, la République Slovaquie, la République Tchèque, le Royaume-Uni et la Suède, rejoints par la Commission européenne.
Ces pays soutiennent en particulier le moratoire de 1986 contre la chasse commerciale à la baleine et les engagements pris au sein de la Commission baleinière internationale, sans lesquels la conservation des différentes espèces de cétacés ne pourra plus être assurée.
- Pour leur part, les organismes de tourisme baleinier islandais s'opposent à cette activité de chasse, leur propre travail étant menacé par la réputation faite ainsi à leur pays. Des annulations de voyage pour 2007 sont dès à présent observées. Il faut soutenir ces organismes qui sont un appui interne indéniable contre la continuation de ces pratiques mortelles.
- Le 1 er décembre, douze pays d'Amérique latine se sont retrouvés en Argentine pour soutenir la poursuite du moratoire sur la chasse à la baleine. Ces pays protecteurs sont l'Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, l'Equateur, le Guatemala, le Mexique, le Panama, le Pérou, l'Uruguay et le Venezuela. Tous les participants ont convenu que l'utilisation non létale des cétacés est un engagement de l'Amérique latine. C'est ainsi que le tourisme baleinier respectueux doit être encouragé dans toute cette région tant pour ses aspects scientifiques qu'éducatifs.
Réactions négatives :
Le Japon et la Norvège se sont réjouis de la décision islandaise, considérant qu'il s'agit d'un premier pas vers une « normalisation de la chasse ». En 2006, la Norvège a autorisé la chasse de 1052 petits rorquals.
Le Japon poursuit sa chasse
De leur côté, les navires baleiniers japonais ont appareillé, à la mi-novembre, pour l'Antarctique où ils comptent abattre 935 petits rorquals et 10 rorquals communs.
N.D.L.R.: Si la pression des pays chasseurs est en augmentation constante, il nous appartient de soutenir tous les pays engagés dans une protection raisonnée et efficace.
[1] D'après TV5, Greenpeace, Actu Environnement, Baleines en direct, ENN et diplomatie.gouv.fr du 17-10 au 15-11-06.
[2] L'Islande avait cessé la chasse commerciale en 1985 et la chasse scientifique en 1989. Depuis 2003, elle a à nouveau chassé 61 petits rorquals sous couvert scientifique. |