La Commission Baleinière Internationale (C.B.I.), forte de 81 pays membres, s'est réunie au Chili du 23 au 27 juin derniers pour sa 60 ème session annuelle.
Rappelons que, depuis le début du moratoire sur la chasse à la baleine en 1986, plus de 30.000 baleines (1) ont été tuées sous diverses motivations dont la pseudo-chasse scientifique japonaise. La C.B.I. s'est ainsi progressivement divisée en un clan anti-chasse et un clan de pays chasseurs habilement mené par le Japon, à grands coups de yens, la Norvège et l'Islande aux visées strictement commerciales.
La présidente chilienne a ouvert cette réunion en annonçant l'interdiction définitive de toute chasse aux cétacés dans les eaux territoriales chiliennes (2).
Les ministres chiliens des affaires étrangères et de l'environnement ont ensuite lancé un appel à l'unité de la C.B.I.
Afin de limiter les heurts entre les deux factions en présence, il fut décidé de travailler essentiellement sur base d'un consensus en évitant les votes. Cette stratégie fut payante jusqu'à ce que le Danemark demande explicitement un vote sur la requête des pêcheurs indigènes du Groenland qui souhaitaient tuer une dizaine de rorquals à bosse chaque année. Il s'en suivit une âpre querelle entre pro et anti-chasse. Celle-ci se termina par un vote négatif au cours duquel - et c'est un fait remarquable - tous les pays de l'union européenne firent bloc (à l'exception, évidemment, du Danemark, soit 20 sur 21). Ce vote fut la suite de la démonstration du fait que le Groenland ne tue déjà pas son quota actuel et qu'il n'a donc aucun besoin avéré d'un surplus de viande de baleine. Une intention commerciale paraissait manifestement sous-jacente …
Au titre de l'apaisement, Brésil, Afrique du Sud et Argentine reportèrent leur proposition de création d'un sanctuaire dans l'Atlantique sud. L'Australie rappela également son souhait de création d'une zone de protection dans le Pacifique.
Un groupe de travail de 24 pays a été chargé de faire des recommandations sur les sujets brûlants en vue d'arriver à un accord notamment sur les souhaits du Japon de reprendre une chasse commerciale (N.D.RL.R. : officielle cette fois) et sur ceux des pays d'Amérique latine de créer un sanctuaire exempt de toute chasse. D'autres thèmes furent également abordés comme les captures dans les engins de pêche (bycatch), les méthodes de mise à mort des animaux échoués vivants, le tourisme baleinier, etc. Le Mexique a également annoncé le lancement d'un plan de sauvegarde du vaquita , marsouin le plus menacé au monde (100 à 300 ex).
D'après TV5 , Actu-environnement , ENS et Baleines-en-direct du 23/06 au 01/07/2008
(1) Un minimum de 15.000 baleines pour le Japon et 8.000 pour la Norvège.
(2) 4.500 km de côtes ! |