Par Jean MOÏS
Lors du voyage de La Baleine libre sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, nous avons eu l'occasion également d'effectuer de l'observation baleinière. Voici nos impressions.
Les écumeurs du Saint-Laurent.
Cette compagnie basée à Saint-Roch-des-Aulnaies et partant habituellement de Trois-Pistoles est à proscrire.
En effet, ayant appris que La Baleine libre organisait un voyage au Québec, elle a pris contact avec nous pour nous offrir ses services : une croisière d'observation du rorqual bleu d'une durée de 5 heures fut ainsi préparée au départ de l'île Verte où nous logions.
Rendu sur place, j'ai contacté Monsieur BERUBE, le responsable, pour confirmer la sortie. Ce dernier est revenu sur tous ses engagements, offrant seulement une sortie de 3 heures (éventuellement prolongée à 4). Il refusait également de venir nous prendre sur l'île et de nous y reconduire après la croisière, à l'encontre de ses engagements antérieurs ...
Constatant qu'aucune confiance ne peut être accordée à cette compagnie, nous ne pouvons que conseiller son boycott.
Les croisières Julien.
Cette fois, c'est à Percé, à la pointe Est de la Gaspésie, que nous sommes. Les croisières aux baleines y sont moins fréquentes que dans le bas du fleuve et la concurrence moins féroce.
Le bateau ressemble à un énorme zodiac couvert d'une bulle de plexiglas. Il se révèle à la fois rapide et très maniable. L'absence d'hélice pour la propulsion est un plus, tant pour les risques de blessures que pour la nuisance sonore. La publicité annonce un micro sous-marin et un filet à krill, mais ceux-ci brilleront par leur absence. L'information scientifique à bord est assurée de manière satisfaisante par une personne formée à cet effet. En présence de mammifères marins, le comportement est juste honnête, sans plus. Des approches un peu rapides et des positionnements parfois douteux (axe de la propagation des baleines) sont constatés. Le code d'éthique du Saint-Laurent n'est donc pas totalement respecté.
Et à Tadoussac ?
Nos fidèles lecteurs savent déjà que je ne suis pas partisan du tourisme baleinier dans la région de Tadoussac. Une concurrence effrénée y amène les bateliers à des comportements totalement irrespectueux des baleines. Notons cependant que depuis la mise de la région sous le statut de " parc marin ", la présence régulière d'un bateau de Parc Canada atténue les nuisances. N'ayant pas été dans cette région en 2000, nous pouvons simplement vous dire que l'an dernier, Parc Canada a dû organiser une réunion de tous les exploitants de la région suite à de multiples plaintes de touristes. Le code d'éthique a-t-il été mieux respecté cette année ?
Extrait du LGS volume 4, n°4 |