Bannière Baleine Libre

DOSSIERS : TOURISME BALEINIER


1 Ténérife compte rendu de 3 sorties en mer et impressions

Par Marie-Christine et Jacques BULTOT

Nos dernières vacances aux îles Canaries nous ont permis d'effectuer des observations intéressantes d'oiseaux (espèces endémiques) mais surtout d'effectuer 3 sorties en mer entre les îles de Tenerife et de La Gomera.
Au départ, notre but était de faire une excursion à la recherche des mammifères marins sans passer par le circuit touristique très florissant sur toute la côte sud de Tenerife.
En effet, dans toutes les stations balnéaires, ce sont des dizaines de compagnies qui proposent des observations de "baleines et dauphins ". La plupart sont installées en pleine rue et leurs arguments sont agrémentés de grands panneaux avec photos et la guerre des prix fait rage !

Tout est bien étudié pour "racoler" le client : transport en car depuis l'hôtel jusqu'au port d'embarquement, boissons et repas à bord, à l'ancre dans des criques grandioses (Los Gigantes), si pas d'observation de dauphins la prochaine sortie est gratuite,...etc. Toute la panoplie de la parfaite arnaque est présente ! Néanmoins, n'ayant pas réussi à joindre avant notre départ une société de protection (proyecto ambiental tenerife) et n'ayant pas eu plus de chance avec des privés, nous avons décidé de nous laisser convaincre en nous jurant d'être très critiques envers ces " instigateurs de sensations fortes ", car le désir de rencontre avec les " baleines " était le plus fort.

Notre choix s'est porté sur un vieux voilier, qui s'est avéré par la suite, être doté d'un ... puissant moteur ! Nous avons pris le maximum d'heures proposées en mer, c'est-à-dire 5. Par expérience, nous avons choisi les bonnes places à la proue du " Shogun ". Dès le départ, une présentation de l'équipage et du bateau est donnée en 3 langues ainsi que le but de l'excursion et les consignes de sécurité. Les fonds sont de 4000 m. entre les deux îles, elles ont l'avantage d'être proches ce qui sert de couloir de migration, c'est là que nous nous dirigeons toutes voiles dehors.

globicéphalPlusieurs bateaux plus rapides nous dépassent, ils seront les premiers au contact visuel des mammifères marins.
La liaison radio et les manoeuvres des autres bateaux nous indiquent un groupe de 5 à 6 globicéphales tropicaux (Globicephala macrorhynchus), la population de cette espèce est évaluée à quelques 700 animaux dont la moitié est sédentaire.
Nouvelle espèce pour nous, mais qui ne se distingue guère, à première vue, de celle rencontrée en Méditerranée en 1997 (Globicephala melas).
Il y a au moins un mâle avec une nageoire dorsale impressionnante, ils ne semblent pas être perturbés par les trois bateaux qui les entourent. Ceux-ci ont mis au ralenti leur moteur, arrêté la musique sur le pont et les capitaines donnent l'impression de ne pas vouloir leur couper la route en restant parallèles à la direction poursuivie par les globi !
Les observations dureront une vingtaine de minutes, le temps de rassasier les nombreux photographes. Je dois reconnaître que les commentaires donnés par l'équipage sur les animaux que nous venions de voir étaient corrects tant au point de vue scientifique que de vulgarisation (espèce, régime alimentaire, vie sociale du groupe, etc.). Une fois les touristes comblés, il est manifeste qu'une autre recherche de cétacés est abandonnée au profit d'autres activités plus festives et dont je vous épargnerai les détails.

Ravis malgré tout de notre après-midi qui nous a permis de reprendre contact avec des animaux marins, mais aussi par le comportement tout à fait correct des sociétés de Whale-watching, bien que des améliorations dans l'approche puissent être réalisées.
Nous pensions qu'il n'était pas nécessaire d'assister à d'autres sorties car elles avaient toutes le même profil.
Eh bien non, un couple d'amis ayant eu bruit de notre sortie insistât pour que nous les accompagnions et nous voilà repartis pour 3 heures cette fois, dans la même " galère " (réf. au bateau) !
Même topo, sinon que nous avons la chance de tomber sur un imposant groupe de globicéphales "flottant" au soleil ! Ils sont plus de 20, par petits groupes, nous permettant de les admirer dans toute leur splendeur et prenant visiblement plaisir à faire le plein d'énergie. Deux grands dauphins (Tursiops truncatus), population résidente au Sud-ouest de l'île, viennent compléter cette scène pleine d'émotions.

La troisième sortie sera offerte à notre fille (qui nous avait rejoint entre-temps) car elle rêvait de voir des dauphins " libres " ! Nous avons embarqué dans un petit navire plus classique qui rencontra à la sortie du port de Los Gigantes deux Tursiops très coopératifs puisqu'ils prenaient plaisir à tourner autour de nous. Lorsqu'ils longeaient la coque, ils basculaient légèrement leur corps et un gros oeil nous regardait ! Nous étions tous comblés.

En conclusion, les possibilités d'observations de cétacés aux Canaries sont grandes. Les îles constituent un endroit privilégié pour faire du whale-watching dans de bonnes conditions. Mais l'exaltation et l'intérêt ne seront jamais aussi intenses qu'au cours d'une campagne d'étude et d'observation avec des groupes de travail sur les cétacés comme " La Baleine libre " en Méditerranée ou le MICS dans le Saint-Laurent parce que la motivation est différente et uniquement axée sur les mammifères marins. Bien entendu, et surtout en vacances, des activités plus récréatives étaient nécessaires.

Pour en savoir plus : http://www.interbook.net/personal/delfinc/
Bibliographie
- A la rencontre des cétacés, guide mondial des sites d'observation des dauphins et des baleines. (Bernard De WETTER)
- Baleines, Dauphins et Marsouins : guide visuel de tous les cétacés à travers le monde. Mark CARWARDINE (l'oeil nature)

Extrait du LGS volume 5, n°2


Flèche vers le haut

Hit-Parade

Envoyez un courriel au Webmestre avec vos questions ou commentaires au sujet de ce site web.

Copyright © La Baleine libre asbl